Internet est en train de vivre de grands bouleversements. La révolution de la mobilité a de nombreux impacts, tant en matière de périphériques, de systèmes d’exploitation que d’attente des utilisateurs. Les réseaux sociaux centralisent de nombreuses données à notre sujet. Les périphériques électroniques deviennent omniprésents (des téléphones aux tablettes, des micro-ondes aux éclairages et jusqu’aux compteurs électriques), augmentant considérablement la quantité de données crées et leur nature.

Internet change et Mozilla doit changer aussi. Les logiciels que nous créons et les outils que nous utilisons pour remplir notre mission doivent changer. Lorsque nous avons commencé, le principal obstacle à la maîtrise par l’utilisateur de son expérience était le triste état du marché des navigateurs. À cette époque, le navigateur était le moyen quasi universel d’accéder au contenu sur le Web. Il était si universel que les utilisateurs en venaient à oublier sa présence et se contentaient de ce que leur offraient les entreprises. Avec Firefox, nous avons gagné le premier round de la bataille pour que l’utilisateur soit le maître du jeu. Nous avons un navigateur génial, qui a aidé à propager de nombreuses innovations et une nouvelle génération de fonctionnalités. Le navigateur reste quelque chose de très important. C’est même si important que d’autres organisations fabriquent leurs propres navigateurs pour modeler le Web comme elles l’entendent.

Le navigateur est nécessaire mais n’est plus suffisant. Pour permettre à Mozilla de remplir sa mission, l’expérience de Firefox doit aller plus loin.

Tout d’abord, même si j’utilise Firefox, je l’utilise aujourd’hui pour créer du contenu sur moi qui réside dans de nombreux silos (appelez-les « sites Web », « applications » ou « services »). Ils sont rarement interopérables, soumis à des règles différentes, et difficiles ou impossibles à combiner. L’accès aux informations que j’ai créées sur moi est fragmenté. Les valeurs que nous avons mises au cœur de Firefox sont encore absentes de cette couche de données.

Ensuite, le navigateur n’est plus le seul moyen d’accès à Internet. Les gens utilisent des applications dédiées pour réaliser certaines tâches et sont souvent fortement attachés aux applications et à ce modèle. C’est une évolution intéressante. Mozilla devrait prendre en charge certains aspects de ce modèle, en plus du modèle du navigateur. Je pense que les applications sont un nouveau « format » pour le Web. Elles sont ciblées et leurs utilisateurs ont le sentiment de pouvoir les trouver facilement et de les posséder. Mais aujourd’hui les applications sont aussi spécifiques à chaque plateforme, parfois spécifiques à un périphérique, et n’ont que peu des caractéristiques que nous associons habituellement au Web.

Enfin, avec les périphériques mobiles, c’est toute la pile sous-jacente de composants et de logiciels qui change. De ce fait, les ordinateurs que nombre d’entre nous utilisent aujourd’hui, sont plus fermés qu’ils ne l’ont jamais été. En même temps, l’éventail des possibles explose. L’informatique mobile a besoin d’une bonne dose des valeurs de Mozilla. Cela passe par Firefox et d’autres logiciels sur ces nouvelles plateformes, cela passe par des applications, et par l’extension des fonctionnalités que nous avons mises en œuvre dans Firefox aux données et aux services.

Mozilla a la capacité unique de placer la souveraineté de l’utilisateur au premier plan dans tous ces domaines. Nous avons choisi d’être une organisation à but non lucratif justement pour que cela soit la seule chose qui compte. Nos « actionnaires » se soucient des valeurs que nous insufflons dans Internet, pas de la valeur économique générée par nos logiciels. C’est ce que nous avons fait avec Firefox. Nous avions une vision de ce que le monde pourrait être, et nous avons créé un logiciel pour permettre à cette vision de devenir une réalité. À présent, elle semble évidente. Elle a été largement adoptée et est devenue un argument pour tout le monde.

Nous avons sur le feu plusieurs projets qui peuvent participer de cette nouvelle étape. Nous discutons d’un document sur la vision de Firefox qui traite certains de ces problèmes. Nous considérons à présent Android comme une plateforme de premier ordre. Et nous avons commencé à explorer les moyens de fournir une partie des fonctionnalités de Firefox sur d’autres plateformes avec Firefox Home. Il y a des travaux en cours sur l’architecture, les protocoles et les mises en œuvre de nouvelles idées de gestion de l’identité et sur les applications.

Vos commentaires sont les bienvenus. Des discussions plus approfondies sur chacun de ces points sont prévues, alors restez à l’écoute. Et surtout, s’il vous plaît, rejoignez le navire, impliquez-vous et participez à la construction de l’expérience Firefox pour toutes nos vies en ligne.