Tout d’abord, nous devons rendre Firefox disponible sur une foule de nouveaux périphériques. Nous pourrions créer des logiciels basés sur la plateforme Mozilla au-dessus de laquelle est bâtie Firefox, que l’on appelle « Gecko ». Ces logiciels n’auraient pas le « look and feel » classique d’un navigateur. Je pense que nous devrions aussi développer de nouvelles offres en plus de logiciels basés sur Gecko. J’en parlerai dans mon prochain billet. Je veux ici me focaliser sur l’importance des logiciels fondés sur Gecko.

Il existe beaucoup, beaucoup, beaucoup de vraies raisons de vouloir que Gecko reste fort. Des raisons qui n’ont rien à voir avec Mozilla, et tout à voir avec le développement futur de l’Internet. La prédominance de Gecko sur l’Internet est pour beaucoup dans ce qui permet à Mozilla de rendre l’Internet meilleur. Ça n’est pas nécessairement intuitif ou immédiatement clair pour la majorité des gens qui utilisent Firefox, donc je vais m’y attarder.

Comme je l’ai dit dans un billet précédent, le « navigateur » est composé de plusieurs couches logicielles. Le moteur ou la plateforme — « Gecko » pour Mozilla, (Trident pour Microsoft, différentes versions de « Webkit » pour Apple et Google) est la partie du navigateur qui interagit avec les serveurs Web et traduit leur réponse pour nos PC, téléphones et autres périphériques. C’est la partie du navigateur qui se charge de l’échange d’informations dans une conversation entre deux machines. (La partie « applicative » permet à un humain d’interagir avec le contenu. Le « centre de contrôle utilisateur » est ce qui vous permet de contrôler ce qui se passe). Comme tant de gens utilisent Firefox et donc Gecko, le nombre de serveurs sur le Web qui veulent être capables de dialoguer avec Gecko est très élevé. Et grâce à cela, Mozilla a été capable de faire deux choses très importantes :

  1. Augmenter de façon spectaculaire l’interopérabilité. Avant Firefox, les applications Web n’étaient écrites que pour fonctionner dans Internet Explorer. Firefox est la raison pour laquelle les applications Web ont commencé à se remettre à utiliser des standards ouverts, créés par des organismes légitimes, et que tous les navigateurs peuvent mettre en œuvre. C’est pour cela qu’aujourd’hui vous pouvez utiliser de nombreux navigateurs et voir la plupart des sites affichés correctement. Firefox, et en particulier la couche applicative Gecko, ont rendu le Web beaucoup plus interopérable, et de ce fait beaucoup plus ouvert à la concurrence et à l’innovation.
  2. Développer de nouvelles possibilités du Web. Encore une fois, puisque Firefox / Gecko est aussi répandu, nous pouvons faire en sorte que de nouveaux domaines tels que la vidéo en ligne prennent une réalité plus accessible. Lorsque nous mettons en œuvre un nouveau standard dans Gecko, il touche un très grand nombre de personnes via Firefox. Les développeurs d’applications ne veulent pas lancer de nouvelles fonctionnalités avant qu’un nombre significatif de leurs utilisateurs n’aient le logiciel qui puisse s’en servir (par le passé, d’autres fabricants ont régulièrement refusé d’utiliser de nouveaux standards, préférant que leurs propres technologies propriétaires investissent le Web). Ces fonctionnalités incluent des innovations comme la vidéo, notre récente initiative en vue de créer des API Web pour les fonctionnalités des nouveaux appareils (telles que l’accès au téléphone), et d’autres favorisant la maîtrise par l’internaute comme Do Not Track (Ne pas me pister).

Parmi les écosystèmes géants du Web, aucun, absolument aucun, ne  se concentre sur l’interopérabilité comme le fait Mozilla. Gecko est un outil très puissant qui permet à la fois de développer les possibilités du Web et de le rendre interopérable. Plus nous diffusons Gecko et plus nous pourrons offrir à l’utilisateur la maîtrise et l’interopérabilité.

Cela implique de devenir créatifs. Cela signifie penser à ce que Firefox peut faire sur tous les nouveaux appareils. Cela signifie examiner comment utiliser Firefox sans l’interface du navigateur, mais avec une interface utilisateur différente, celle de l’appareil auquel Firefox est entièrement intégré. Cela signifie encore examiner par quels nouveaux moyens Gecko peut être efficace sur ces appareils, comme a commencé à le faire l’initiative « Boot to Gecko » qui vient d’émerger.

Gecko est un puissant levier et nous devons continuer à investir sur lui.