Il n’y a pas de raison que les applications ne puissent incorporer les caractéristiques qui sont importantes sur le Web. Elles ne le font pas aujourd’hui parce qu’Apple ne l’a pas prévu. Il n’y a pas de raison qu’Apple le fasse ; Apple a une vision du monde différente. Mais nous, nous pouvons le faire. En fait, Mozilla est l’une des rares organisations qui le puissent. C’est à notre portée et dans nos compétences, de plus nous faisons déjà partie de l’Internet. Peu d’organisations dans le monde sont dans cette situation. Et parmi elles, Mozilla est unique. Nous sommes une organisation à but non lucratif justement pour pouvoir rendre centraux l’interopérabilité et le contrôle par l’utilisateur.

Qu’est-ce qui est important sur le Web ?

Quelles sont les caractéristiques du Web que nous voulons voir vivre dans le modèle des applications ? En voici une première liste :

  • le « plug and play » — interopérable à chaque niveau ;
  • l’accès direct du consommateur au développeur ;
  • la possibilité d’innover sans demander la permission à personne ;
  • la simplicité de passer de la consommation à la création ;
  • l’hétérogénéité — le Web fonctionne sur un grand nombre de terminaux, de systèmes d’exploitation, de plateformes, avec des types de données, des langages de programmation, des technologies, des navigateurs, des clients variés, etc ;
  • la possibilité de créer des liens ;
  • l’aspect décentralisé ;
  • le contrôle donné à l’utilisateur par le navigateur (ce qui manque aux applications et au monde du mobile).

Qu’apprécie-t-on dans les applications ?

Voici une première liste :

  • elles sont commodes et amusantes ;
  • elles sont basées sur la réalisation de tâches — de façon rapide et efficace ;
  • l’utilisateur a le sentiment qu’elles lui appartiennent et de les avoir sous la main — avec les icônes, les applications ont leur maison sur mon terminal ;
  • on peut les découvrir facilement ;
  • elles offrent beaucoup d’innovation ;
  • les développeurs disposent d’un canal de distribution ;
  • les développeurs peuvent gagner de l’argent avec leurs applications.

Quels sont les inconvénients actuels de l’expérience des applications ?

  • elles sont souvent spécifiques à un terminal ;
  • les terminaux sont au centre du monde, pas les gens qui les utilisent ;
  • peu ou pas d’interopérabilité entre les terminaux ou les plateformes ;
  • le système est mis en œuvre de façon très centralisée ;
  • il est difficile pour les applications et les créateurs de contenu d’atteindre les gens sans l’accord des gardiens ;
  • elles nécessitent de demander des autorisations à tous les niveaux — la centralisation permet à quelques propriétaires de boutiques d’applications [NdT : App Store] de contrôler le modèle économique, les prix, les relations ;
  • elles génèrent un sentiment d’impuissance : s’il n’existe pas d’application pour faire quelque chose, ce n’est pas la peine d’essayer de le faire ;
  • les applications et le Web vivent dans des mondes à part.

Un monde meilleur : à quoi ressemblerait un écosystème d’applications libres ?

Un monde meilleur combinerait la commodité et le plaisir d’utilisation des applications avec la puissance du Web. Nous serions capables de :

  • faire passer nos applications entre les plateformes et les terminaux, de sorte que lorsque nous changeons de téléphone nous puissions emporter nos applications quel que soit le nouveau terminal que nous choisissons ;
  • faire le lien entre nos contacts et nos graphes sociaux des différents réseaux ;
  • partager via le Web nos classements et autres éléments des jeux multi-joueurs ;
  • contrôler l’accès des applications à nos informations, par exemple ne leur permettre de partager des informations qu’avec notre accord ;
  • découvrir de nouvelles applications de manière ouverte et flexible, comme nous découvrons des contenus sur le Web ;
  • acheter des applications à de nombreux fournisseurs, qui pourraient créer de la valeur via du packaging, du support ou du service ;
  • interagir directement avec les développeurs des applications si nous le décidons ;
  • unifier la gestion des applications et des applications Web.

Dans ce monde, le navigateur et les applications nous connecteraient tous deux à un Internet universellement accessible et interopérable, qui encouragerait l’innovation sans aucune censure.

Bâtir ce monde en vaut la peine, non ?